parallel ART

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ENCOUNTER WITH MALIKA FAVRE ;

THE FRENCH COLOURED TOUCH IN LONDON. 

 

Peux-tu m’en dire un peu plus sur toi et sur ta vie ? J’ai 29 ans et je suis illustratrice en Free depuis bientôt deux ans après un passage de 5 ans à Airside, un studio anglais de design et d’animation. J’habite à Londres depuis 8 ans maintenant. Comme beaucoup, je suis partie à Londres dans l’idée de passer une année à l’étranger et je ne suis jamais revenue. Londres a une énergie particulière : vibrante et dynamique. Je travaille pour l’édition, la pub, la musique et la mode et en parallèle, je développe mes projets personnels d’expos dès que j’ai un peu de temps pour moi. L’un permet à l’autre d’exister.

 

Comment et quand t’es-tu découvert cette passion pour les arts graphiques et notamment l’illustration ?

Comme beaucoup d’illustrateurs, je dessine depuis toute petite, mais j’ai mis un certain temps à réaliser que je voulais en faire ma carrière. Adolescente, je ne pensais même pas cela possible à vrai dire, j’avais en tête de devenir ingénieur. Avec le recul, ça me fais sourire de m’imaginer dans un bureau à faire des recherches... C’est à 20 ans que j’ai décidé qu’il était temps d’aller en École d’Art. La Math-Sup me frustrait et je sentais bien que je n’étais pas à ma place. Je suis rentrée à « Olivier de Serres » à Paris où j’ai fais un BTS de communication visuelle. À ce moment-là, je ne pensais pas devenir illustratrice. Je dessinais pour moi, mécaniquement, mais je me destinais à une carrière dans la publicité. C’est à Londres que j’ai renoué avec l’illustration et développé mon propre style.

 

Ton site est un exemple de productivité, en moyenne, combien de temps passes tu pour finir une composition ? Cela dépend du projet et de la complexité de l’idée. Ça va de quelques jours à quelques semaines. Mon travail est en grande partie basé sur les jeux de forme et de couleurs et demande donc un travail de recherche et d’expérimentation assez conséquent. Je fais beaucoup d’esquisses avant de me décider sur la composition parfaite pour chaque image. Je suis aussi d’une nature compulsive, donc quand je ne dessine pas pour un projet client, j’en profite pour développer mes travaux personnels...

 

J’ai remarqué que les aplats de couleur étaient, avec les courbes, un aspect majeur de ton oeuvre. Une piste de réflexion pour nous éclairer ? Mon approche illustrative est très minimale. Les couleurs franches et primaires s’y prêtent parfaitement. J’aime cette idée de trouver la ligne pure, parfaite et de l’associer à une couleur qui lui donnera du sens. En vérité, c’est presque un jeu à chaque fois : je me fixe des règles assez strictes et essaye d’en extraire le maximum de sens et d’émotion.

 

Parle-nous un petit peu de ta carrière à présent, y a t’il un projet en particulier sur lequel tu as aimé t’investir ? Ma carrière en tant qu’illustratrice indépendante est assez récente et jusqu’à présent, la couverture du nouveau «Kama Sutra» de Penguin Books reste ma composition favorite. C’était en quelque sorte l’aboutissement du travail érotique que j’avais entrepris depuis quelques années. Ce projet m’a poussé dans mes derniers retranchements et m’a vraiment amené à la frontière qui sépare le «porno-chic» du porno tout court. J’étais terrifiée à l’idée d’aller trop loin et j’ai finalement été assez surprise et excitée par le résultat.

 

Curiosité malsaine; Comment se passe un jour de travail habituel dans ton studio? Ça bosse dur ou ça papillone comme chez Parallel Magazine? Ça bosse dur et sans interruptions. (Rires) Je suis très concentré quand je dessine et j’ai parfois du mal à m’arrêter. Je suis dans ma bulle et cela peut même durer 8 heures ! Je n’arrive pas vraiment à me discipliner... En revanche, je fais en sorte de finir de bosser à 19 heures maximum et après ça papillonne au pub ou chez mes amis. J’ai besoin de cet équilibre pour ne pas devenir complètement folle.

 

Considéres-tu certains designers, graphistes ou artistes, comme étant une source d’inspiration quotidienne dans ton travail? Je n’ai pas vraiment d’artistes de référence qui influencent mon travail. J’admire les artistes et illustrateurs dont le travail est très différent du mien, voire aux antipodes en fait. J’aime les lignes texturées de Jean Julien par exemple, les aquarelles subtiles de Aurore de la Morinerie ou encore les cartes du monde ultra détaillées de Paula Cher.

 

... Tu faisais quoi samedi soir ? J’étais à Barcelone avec des amis Catalans, à manger de délicieux tapas dans un petit restaurant d’ El Born.

 

Malika Favre a travaillé avec Dolce & Gabbana, The Sunday Times, Penguin Books et bien d’autres... LES SITES DE MALIKA A FEAST FOR THE EYE www.patternity.co.uk FOR playful design portfolio www.craigandkarl.com THE window shopping www.nuji.com ACTUALITÉS À VENIR MALIKA FAVRE CHEZ NEXUS www.nexusproductions.com

 

 

Extract from the Parallel Volume III,